APU AMD Zen 6 « Gainsborough » à 6 cœurs et 24 Go de LPDDR5 à 9 600 MT/s : la puce du futur Steam Deck 2 repérée sous Linux

Un échantillon d’ingénierie inédit signé AMD vient de faire surface dans les registres publics de la plateforme OpenBenchmarking (via la suite de test Linux Phoronix Test Suite). Identifiée sous le nom de code « Gainsborough » et la référence interne 100-000001930-12, cette puce réunit un processeur à 6 cœurs et 12 threads de génération Zen 6 ainsi que 24 Go de mémoire vive LPDDR5 cadencée à 9 600 MT/s. Tant par son patronyme que par son architecture matérielle sous Linux, ce silicium présente toutes les signatures d’un prototype conçu sur mesure pour succéder au Steam Deck de Valve.
De « Aerith » et « Sephiroth » à « Gainsborough » : l’indice qui trahit la filiation avec Valve
Le premier élément qui attire immédiatement l’attention des architectes matériels réside dans l’intitulé de la carte mère de validation relevée par le banc d’essai : AMD GBR-FF6-SKT, accompagnée du BIOS vidéo 113-GBRGENERIC-001. L’acronyme GBR renvoie au nom de code interne Gainsborough.
Or, chez Valve et AMD, le choix des noms de code pour les puces semi-personnalisées du Steam Deck suit une tradition bien précise empruntée aux personnages de Final Fantasy VII :
- Aerith (Van Gogh) : l’APU gravé en 7 nm par TSMC qui équipe le Steam Deck LCD original lancé en février 2022.
- Sephiroth : la révision gravée en 6 nm introduite fin 2023 au cœur du Steam Deck OLED.
- Gainsborough : le nom de famille complet de l’héroïne (Aerith Gainsborough), qui s’inscrit directement dans la continuité de cette nomenclature interne sur un socket BGA compact de type FF6.
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Microarchitecture Zen 6 à 6 cœurs et bond mémoire à 24 Go de LPDDR5 à 9 600 MT/s
Au-delà du nom de code, les relevés techniques extraits du journal OpenBenchmarking montrent un changement d’échelle net par rapport aux quatre cœurs Zen 2 qui animent les modèles actuels. La puce Gainsborough embarque 6 cœurs physiques et 12 threads cadencés à une fréquence de base de 2,4 GHz, soit une hausse de 50 % du nombre de cœurs disponibles pour les moteurs de jeux modernes.
Plus révélateur encore, l’identifiant matériel du microcode classe ce processeur au sein de la Famille 1Ah, Modèle DCh (0xDC en notation hexadécimale). Dans les tables d’identification récemment soumises au noyau Linux, la plage allant des modèles 0xD8 à 0xEF correspond directement à la future microarchitecture Zen 6 d’AMD. Les journaux publics ne précisent pas encore si cet échantillon fait appel à des cœurs Zen 6 classiques ou à des cœurs denses Zen 6c optimisés pour les faibles enveloppes thermiques.
Côté mémoire vive, la plateforme de test aligne quatre puces SK Hynix de 6 Go chacune, formant un total de 24 Go de mémoire LPDDR5 à 9 600 MT/s. Sur un bus mémoire unifié de 128 bits, une telle fréquence délivre une bande passante théorique de 153,6 Go/s, contre 88 Go/s sur le premier Steam Deck (LPDDR5 à 5 500 MT/s) et 102,4 Go/s sur le modèle OLED (LPDDR5 à 6 400 MT/s). Ce surcroît de débit et de capacité répond directement à l’explosion des besoins en mémoire partagée des productions récentes, d’autant plus dans un contexte où la flambée du prix de la RAM et des semi-conducteurs oblige les constructeurs à calibrer chaque gigaoctet au plus juste.

Circuit graphique à 2 400 MHz et premiers essais sous Ubuntu Linux 24.04
Le prototype a été évalué sous Ubuntu 24.04 Linux propulsé par le noyau Linux 7.1.0 et des pilotes graphiques ouverts Mesa en cours de développement. Si le journal du benchmark masque le nombre exact d’unités de calcul (Compute Units) ainsi que la génération exacte de l’architecture Radeon embarquée, il confirme que le GPU intégré opère à une fréquence de 2 400 MHz, bien au-dessus des 1 600 MHz des huit unités RDNA 2 actuelles.
Exécutée en définition fenêtrée 1024 × 768 via la suite GpuTest, cette première passe de validation a enregistré 3 508 points sous FurMark, 3 871 points sous GiMark et 9 319 points sous TessMark. Ces résultats bruts restent logiquement bridés par l’absence d’optimisation des pilotes initiaux et par les fréquences prudentes d’un échantillon d’ingénierie précoce. Associée aux avancées logicielles récentes comme le déploiement d’AMD FSR 4.1 sous l’API Vulkan, cette réserve de bande passante mémoire laisse entrevoir un saut net en efficacité énergétique.
Mon banc d’essai : pourquoi 24 Go à 9 600 MT/s est le vrai déclencheur du Steam Deck 2
Depuis la sortie du modèle OLED, les ingénieurs de Valve, Pierre-Loup Griffais et Lawrence Yang en tête, ont toujours tenu un discours limpide : pas question de lancer un Steam Deck 2 pour gagner à peine 20 ou 30 % de performances au prix d’une autonomie sacrifiée. Sur toutes les consoles portables que je démonte et teste au quotidien, le véritable mur ne vient pas seulement du nombre de cœurs CPU, mais de la famine de bande passante mémoire qui étouffe l’iGPU dès que l’on active des textures lourdes.
En passant simultanément à 6 cœurs Zen 6 et surtout à 24 Go de LPDDR5 à 9 600 MT/s via des puces SK Hynix de 6 Go non binaires, cette architecture « Gainsborough » coche toutes les cases du cahier des charges de Valve : conserver une enveloppe de 15 W tout en offrant 153,6 Go/s de bande passante et la possibilité d’allouer 8 à 10 Go de VRAM dédiée sans jamais asphyxier SteamOS. Si cette puce entre en production de masse à l’horizon 2027, l’écart générationnel sera bel et bien au rendez-vous.
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