Romeo Is a Dead Man sur Nintendo Switch 2 : accords avortés et blocage avec NetEase freinent le portage de Suda51

Sorti le 11 février 2026 sur PlayStation 5, Xbox Series X|S et PC, le très sanglant Romeo Is a Dead Man devait logiquement poursuivre sa route sur Nintendo Switch 2. Pourtant, plusieurs mois après le lancement des aventures spatio-temporelles de l’agent Romeo Stargazer, le portage sur la console hybride de Nintendo patine. Goichi « Suda51 » Suda, fondateur de Grasshopper Manufacture, vient de lever le voile sur les obstacles contractuels et logistiques qui ralentissent aujourd’hui l’arrivée du titre sur la machine.
Des discussions avortées avec plusieurs partenaires externes
Après avoir auto-édité la version numérique de son jeu d’action déjanté co-réalisé avec Ren Yamazaki au tarif de 49,99 €, le studio japonais cherchait à s’appuyer sur des éditeurs et studios partenaires externes pour concrétiser deux chantiers majeurs : le portage sur Nintendo Switch 2 et le pressage d’une édition physique en boîte.
Lors d’un point d’étape sur l’avenir du jeu, Suda51 a reconnu sans détour que ces démarches avaient subi un sérieux coup d’arrêt après des débuts pourtant encourageants :
« Pendant un moment, les choses semblaient plutôt bien engagées. Malheureusement, la plupart de ces discussions ont fini par capoter pour une raison ou une autre. C’est toujours quelque chose que nous espérons réussir à sortir. »
Sans citer le nom des sociétés approchées ni le détail financier des désaccords, le créateur de No More Heroes précise que l’ordre de bataille du studio a été ajusté. Grasshopper Manufacture accorde désormais une priorité immédiate à la signature d’une édition physique sur les supports actuels. La version Nintendo Switch 2 ne devrait donc pas ouvrir la marche, mais plutôt suivre une fois le circuit de distribution boîte verrouillé.
Le verrou NetEase Games sur la propriété intellectuelle
Au-delà de la recherche d’un partenaire de distribution, un second obstacle structurel complique la prise de décision : Grasshopper Manufacture ne détient pas directement les droits de sa nouvelle création. Bien que le studio ait repris son autonomie éditoriale sur plusieurs fronts après les restructurations opérées par le géant chinois, la marque et la propriété intellectuelle de Romeo Is a Dead Man appartiennent toujours à NetEase Games.
Suda51 souligne que cette répartition des droits interdit au studio de valider seul le financement ou la sous-traitance d’un portage console :
« L’autre point, c’est que comme la licence Romeo appartient à NetEase Games, cela ne dépend pas uniquement de nous. Nous ne pouvons pas prendre la décision tout seuls. Nous allons continuer à discuter avec NetEase et avec certaines des entreprises avec lesquelles nous sommes toujours en pourparlers. Ce n’est pas comme si le projet était purement et simplement annulé. Nous voulons vraiment essayer de le sortir d’une manière ou d’une autre. »
Le défi de l’Unreal Engine 5 en toile de fond
À ces tractations juridiques s’ajoute un véritable travail d’optimisation matérielle. Développé sous Unreal Engine 5, Romeo Is a Dead Man multiplie les effets de particules, les transitions dimensionnelles abruptes et les démembrements frénétiques via sa mécanique Bloody Summer. Dès le lancement hivernal du jeu, les équipes de Grasshopper Manufacture avaient indiqué mener des tests techniques poussés pour s’assurer que le moteur d’Epic Games tourne de manière fluide sur l’architecture de la console de Nintendo, un sujet d’autant plus scruté que l’architecture de la Nintendo Switch 2 dévoile progressivement ses capacités face à l’émulation.
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Mon regard
Franchement, voir un jeu signé Suda51 coincé dans les limbes administratifs avant même de poser un pied sur une console Nintendo, c’est presque un comble quand on connaît l’histoire d’amour entre Grasshopper Manufacture et le public de la firme de Kyoto depuis l’époque de la GameCube et de la Wii. On pensait tous que le seul vrai frein serait la lourdeur de l’Unreal Engine 5 à dompter en mode portable, mais le vrai boss de fin, c’est encore une fois la paperasse et les droits d’édition conservés par NetEase Games.
Le fait que plusieurs éditeurs partenaires se soient rétractés montre aussi à quel point le coût des cartouches et du pressage physique sur cette génération refroidit les acteurs tiers dès qu’on sort des blockbusters garantis. Reste que Romeo Is a Dead Man a exactement l’ADN nerveux et décalé qui cartonne auprès des joueurs nomades : si NetEase accepte de débloquer le dossier sans imposer des conditions intenables, ce portage finira par trouver preneur dans notre calendrier des sorties jeux vidéo.
Romeo Is a Dead Man
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