Après 14 ans de développement, Factorio tire sa révérence avec la mise à jour 2.1 : tout ce que change cet ultime patch majeur

Quatorze ans après les premiers prototypes codés à Prague et deux ans jour pour jour après le lancement de l’extension monumentale Space Age, les tapis roulants de Wube Software changent de rythme. Par l’intermédiaire de son billet officiel Friday Facts #449 publié le 23 octobre 2026, le studio tchèque a basculé la version 2.1 de Factorio sur la branche Stable après un long été de tests expérimentaux. Fidèle à la feuille de route tracée quelques mois plus tôt dans le Friday Facts #440, cette mouture 2.1 signe l’ultime mise à jour majeure de gameplay pour la référence absolue de la simulation d’automatisation sur PC et Nintendo Switch.
La fin du développement actif de gameplay après 14 ans d’orfèvrerie
Contrairement à la version 2.0 qui accompagnait la conquête interplanétaire de Space Age, la mise à jour 2.1 n’ajoute ni nouvelles planètes, ni nouvelles espèces d’ennemis, ni arbres technologiques inédits. Wube Software la décrit comme une vaste campagne de finition regroupant toutes les fonctionnalités de confort, les retouches d’équilibrage et les idées que l’équipe n’avait pas eu le temps d’intégrer lors de la sortie d’octobre 2024.
Cette livraison marque surtout un tournant historique pour l’entreprise fondée par Michal « Kovarex » Kovařík. Estimant avoir mené la formule de Factorio à son point d’équilibre idéal, un accomplissement d’orfèvre indépendant aussi rare que le succès historique de Manor Lords sur PC, le studio passe désormais son jeu phare en maintenance à long terme (correctifs de bugs, compatibilité matérielle et support du modding) afin de basculer ses effectifs sur de nouveaux projets hors de l’univers Factorio. Plusieurs figures clés ont d’ailleurs profité de cette étape pour saluer la communauté : l’expert du moteur de rendu Posila prend une retraite méritée après dix ans passés à optimiser le jeu sur d’anciennes cartes graphiques Nvidia et AMD volontairement conservées au bureau, le programmeur Tobias referme le chapitre des correctifs de Space Age, et le directeur artistique et concepteur Earendel quitte le navire après cinq années décisives pour développer ses propres jeux indépendants.
Pour célébrer cet achèvement, Wube Software a même remis au goût du jour une toute dernière fois sa bande-annonce historique avec les visuels et mécaniques de la version 2.1 :

Logistique spatiale remaniée, fin des « vaisseaux-crayons » et baie de déchargement
Les ingénieurs qui exploitent l’extension Space Age héritent de transformations profondes sur la gestion orbitale et le transport interplanétaire :
- Fusées à cargaison mixte (Mixed rockets) : une seule fusée peut désormais embarquer différents types d’objets lors d’un même tir, évitant d’expédier une pile complète de chaque composant pour assembler une petite plateforme.
- Transferts d’une plateforme à l’autre : les stations en orbite peuvent enfin échanger des ressources directement entre elles sans repasser par la surface.
- Importation universelle et Radar Universe : laisser le champ d’origine vide permet d’importer munitions, carburant ou kits de réparation depuis n’importe quelle planète, tandis que les radars disposent d’un mode Universe transmettant les signaux du réseau logique entre les planètes et les plateformes sur un canal partagé.
- Nouvelle physique des plateformes : la traînée aérodynamique spatiale est désormais calculée selon la masse totale du vaisseau et non plus selon sa largeur, mettant fin à la méta obligatoire des vaisseaux-crayons (pencil ships) ultra-étroits. De plus, les dégâts infligés par les astéroïdes dépendent dorénavant de leurs points de vie restants plutôt que de leur vitesse d’impact, et le hub central encaisse davantage de coups.
- Baie de déchargement (Landing pad unloading bay) : ce nouveau module permet aux bras robotisés d’extraire directement les cargaisons de l’aire d’atterrissage vers des coffres, des tapis ou des trains, avec la possibilité de construire des rails surélevés au-dessus des baies de stockage.

Option sans « Qualité », fermeture du Space Casino et refonte du réseau logique
Très débattue depuis son apparition, la mécanique de Qualité devient officiellement facultative dans Space Age. Wube Software a isolé le Recycleur dans un mod distinct et transformé la Qualité en dépendance recommandée, activée par défaut mais désactivable en un clic pour ceux qui préfèrent une logistique pure sans aléatoire. Pour les adeptes du système, les locomotives, wagons de marchandises et wagons-citernes gagnent désormais en vitesse et en capacité selon leur palier de qualité. En revanche, le fameux « Space Casino » ferme ses portes : il n’est plus possible d’insérer des modules de qualité dans les concasseurs lors du retraitement d’astéroïdes en orbite.
Sur le terrain de l’automatisation pure, la 2.1 règle des irritants vieux de plusieurs années :
- Séparation Entrée/Sortie du réseau logique : la lecture et l’écriture des signaux peuvent être assignées séparément aux câbles rouges ou verts sur les machines, tandis que les laboratoires (changement automatique de recherche), les chaudières, les échangeurs thermiques, la tuyauterie et même les mines terrestres (utilisables comme détecteurs d’intrusion) peuvent désormais être reliés au réseau logique.
- Retournement et fluides : les chevalets de pompage (pumpjacks) et les foreuses thermiques peuvent enfin être inversés horizontalement ou verticalement. La prévention du mélange de fluides fait son retour pour bloquer la fusion accidentelle de deux canalisations différentes, et le débit s’adapte proprement aux machines de qualité Légendaire.
- Refonte graphique et déchiqueteurs (Biters) : les machines d’assemblage, la raffinerie de pétrole, le silo à fusée et l’échangeur thermique arborent de nouveaux modèles haute définition, épaulés par des tourelles lance-flammes orientables en diagonale. Côté faune locale, les groupes d’expansion des déchiqueteurs évoluent avec le facteur d’évolution pour former de vraies menaces structurées plutôt qu’une multitude de micro-nids, et explorer la carte très tôt ne réduit plus artificiellement la pression autour de votre base.
Support natif ARM64 sous Linux et précautions avant la mise à jour
Dernier cadeau technique des ingénieurs de Wube : Factorio tourne désormais nativement sur l’architecture ARM64 sous Linux. Concrètement, le titre et ses serveurs dédiés headless s’exécutent sans couche d’émulation sur les cartes Raspberry Pi, les Mac équipés de puces Apple Silicon via Asahi Linux, les serveurs VPS ARM ou encore l’écosystème Steam Frame, prolongeant le soin apporté par les studios PC à l’environnement Linux et SteamOS.
Attention toutefois avant de lancer votre mise à jour : si les parties sauvegardées en 2.0 se chargent directement en 2.1, certaines modifications structurelles comme la séparation des signaux d’entrée et de sortie sur le réseau logique peuvent perturber vos circuits existants. Surtout, toute sauvegarde ou bibliothèque de plans (blueprints) enregistrée en version 2.1 ne pourra plus être rétrogradée en 2.0. Le studio recommande donc vivement de copier vos dossiers de sauvegardes et de vérifier la compatibilité de vos mods favoris avant de franchir le pas.
Mon avis
Voir Wube Software poser le point final au développement actif de Factorio après quatorze ans force un respect immense. À une époque où tant d’éditeurs pressent leurs licences jusqu’à l’épuisement avec des passes saisonniers interminables, l’équipe tchèque a pris le temps de livrer en 2.1 tout ce que la communauté réclamait encore, du retrait optionnel de la Qualité aux fusées mixtes en passant par la fermeture logique du Space Casino, avant de dire stop au sommet de son art. Savoir qu’un pilier comme Posila a passé dix ans sur de vieilles cartes graphiques uniquement pour que nos usines géantes tournent à 60 images par seconde sur n’importe quel PC résume toute la philosophie de ce studio. Factorio est désormais une œuvre achevée, polie jusqu’au dernier boulon, et avec l’immensité de sa scène modding, l’usine continuera de grandir pendant des décennies pendant que j’attends déjà avec une curiosité folle le prochain jeu de Wube.
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