« N’espérez pas un Starfield 2 » : pour un ancien vétéran de Bethesda, le jeu n’a pas eu le succès nécessaire

Les explorateurs spatiaux qui espéraient voir la franchise corriger le tir avec un second épisode peuvent ranger leurs combinaisons spatiales. Kurt Kuhlmann, vétéran emblématique et ancien Lead Systems Designer chez Bethesda Game Studios, vient de jeter un froid glacial sur l’avenir de la licence.
Après avoir œuvré pendant des décennies sur des monuments comme Morrowind, Oblivion, Skyrim et enfin Starfield avant son départ du studio, le concepteur s’est exprimé sans filtre lors d’un entretien accordé au podcast FRVR. Selon lui, les chances de voir débarquer un Starfield 2 sont désormais quasi nulles.
Un succès commercial jugé insuffisant pour lancer un Starfield 2
Le diagnostic posé par Kurt Kuhlmann est sans détour : le space opera de Bethesda n’a pas atteint les standards indispensables pour rentabiliser un développement de cette envergure.
« Je serais très surpris qu’il y ait une suite, car je ne pense absolument pas que Starfield ait été assez couronné de succès pour justifier un Starfield 2 », a lâché l’ancien designer au micro. Cette déclaration brutale tranche nettement avec les discours policés des bilans financiers.
Pour le créateur, cette situation laisse un goût amer de rendez-vous manqué. Kuhlmann estime en effet qu’un deuxième opus aurait justement permis de capitaliser sur les erreurs de jeunesse du premier jeu pour enfin concrétiser la vision spatiale rêvée à l’origine par Todd Howard.
L’immensité procédurale face aux forces historiques du studio
En disséquant la production du titre, le concepteur admet que Starfield était un projet monstrueusement ambitieux, mais qu’il s’éloignait trop du savoir-faire traditionnel de Bethesda.
Construire un millier de planètes générées de manière procédurale a dilué l’expérience au lieu de la sublimer. La construction d’avant-postes et l’exploration spatiale se sont retrouvées isolées de la trame narrative principale et du design des quêtes faites à la main.

Le studio manquait d’effectifs pour densifier un terrain de jeu aussi gigantesque tout en maintenant la narration organique qui faisait le sel de Bordeciel. Les joueurs se sont rapidement lassés des temps de chargement incessants et des allers-retours dans les menus pour voyager d’un système à un autre.
Kuhlmann pointe également du doigt les restructurations internes récentes et les vagues de licenciements qui ont frappé l’industrie, qualifiant certaines décisions managériales de non-sens total. En perdant des talents historiques, le studio s’est retrouvé amputé de piliers capables de porter des projets aussi démesurés.
Bethesda et Microsoft verrouillent leurs priorités sur The Elder Scrolls et Fallout
Au-delà de l’accueil mitigé de Starfield, la réalité économique de l’écosystème Xbox a totalement rebattu les cartes. Microsoft et Bethesda ne peuvent plus se permettre de disperser leurs équipes sur des paris incertains.
Alors que la firme prépare sa prochaine génération de machines avec le projet hybride Xbox Helix pour 2027, les forces vives de Bethesda Game Studios sont désormais massivement mobilisées sur The Elder Scrolls VI.
Derrière l’arlésienne d’Akavir ou de Martelfell se profile déjà Fallout 5, érigé en priorité absolue par la direction américaine. Le carton planétaire de la série télévisée Amazon a fait de la franchise post-apocalyptique une marque ultra-rentable que Bethesda doit exploiter sans attendre dix ans.
Si Starfield continuera de recevoir des mises à jour et des extensions narratives comme Shattered Space ou le suivi Starborn, l’espoir d’une suite autonome s’est éteint. Bethesda a choisi son camp : sécuriser ses légendes plutôt que s’épuiser dans le vide stellaire.
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