DLSS à 30 FPS, zéro barre d’XP et ennemis qui ne revivent jamais : ce que vaut The Relic: First Guardian sur Nintendo Switch 2

Sorti initialement sur PC et PlayStation 5 fin juillet avant de rejoindre la Xbox Series X|S en septembre, l’Action-RPG dark fantasy du studio sud-coréen Project Cloud Games et de l’éditeur Perp Games tente depuis quelques jours de s’imposer au format hybride. Depuis la sortie de The Relic: First Guardian sur Nintendo Switch 2 à 34,99 €, le portage (version 1.0.1 pour 11,2 Go sur la mémoire interne) met à l’épreuve les choix radicaux de son système de combat face aux concessions techniques de la console de Nintendo.
Une formule Soulslike sans barre d’XP où les ennemis vaincus ne réapparaissent jamais
Plongé dans les terres dévastées d’Arsilthus, ravagées par la destruction de la Grande Relique et l’expansion du Vide, le joueur incarne le dernier Gardien chargé de traquer plus de 80 boss et créatures d’élite baptisées « Brutals ». Là où la plupart des représentants du genre copient religieusement la même structure punitive, Project Cloud Games bouscule trois piliers fondamentaux sur une aventure qui réclame environ 30 heures en ligne droite.
D’abord, les attaques offensives ne consomment aucune endurance, quelle que soit la catégorie choisie parmi les cinq familles d’armes disponibles (dagues doubles, épée longue, espadon colossal, épée et bouclier ou bâton de combat). La jauge de stamina est réservée exclusivement aux manœuvres défensives comme la parade, le blocage et la roulade, tandis que les compétences magiques délaissent toute barre de mana au profit de longs temps de recharge.

Ensuite, se reposer auprès d’une pierre de sauvegarde régénère la santé sans jamais faire revivre les monstres déjà éliminés dans la zone. Mieux encore, mourir n’entraîne aucune perte de butin au sol, à l’exception des objets consommables utilisés durant la tentative ratée qu’il faut racheter en or chez les marchands.
Mais cette souplesse apparente cache un revers redoutable : la notion même de points d’expérience et de montée de niveau traditionnelle a été supprimée. Impossible de « farmer » la même patrouille en boucle pour gonfler ses statistiques face à un mur de difficulté : la progression passe uniquement par des gisements de cristaux d’énergie pour les arbres d’armes et par plus de 70 fragments de reliques équipables octroyant des bonus passifs (comme du soin à chaque élimination).
DLSS à 30 FPS, particules réduites et textes minuscules sur Nintendo Switch 2
Sur le plan purement matériel, ce portage Nintendo Switch 2 sollicite intensivement la mise à l’échelle DLSS pour préserver le rendu des armures et de la végétation sombre d’Arsilthus, à l’image des compromis déjà observés sur les performances et le DLSS de Resident Evil 4 sur Switch 2. Le titre vise un verrouillage à 30 images par seconde, mais souffre encore de micro-saccades qui altèrent la réactivité lors des esquives au millimètre.
Pour tenir sur la puce mobile de Nintendo, les effets de particules ont été drastiquement revus à la baisse et certaines textures environnementales affichent une brillance métallique artificielle dans une palette dominée par le gris et le rouge. Les séquences de dialogue trahissent également le budget indépendant du projet, avec des visages figés contrastant avec des mouvements de bras exagérés, bien que l’intégralité des récits secondaires inspirés des contes tragiques du folklore coréen bénéficie d’un doublage vocal complet.
En mode portable, un défaut d’ergonomie complique particulièrement la lecture des fiches d’équipement et des notes narratives : la police de caractères s’avère minuscule sur l’écran de la console et aucune option dans les menus ne permet d’agrandir la taille du texte. Ajouté à des arènes de boss parfois exiguës où la caméra se heurte aux parois et où les barils explosifs du décor ne se réinitialisent pas après un échec, ce portage réclame encore quelques correctifs de confort de la part de Project Cloud Games.
Mon regard
Je trouve l’idée de supprimer le farm d’expérience et la résurrection automatique des ennemis franchement audacieuse pour un Action-RPG de 30 heures. En retirant la béquille du « leveling » en force brute, Project Cloud Games oblige à repenser son assemblage de reliques et à maîtriser ses temps de recharge magiques, tout en épargnant aux joueurs la corvée des allers-retours punitifs.
En revanche, sur une console hybride comme la Nintendo Switch 2, je regrette que l’absence de réglage pour la taille des textes et les caprices de caméra dans les arènes fermées viennent freiner l’immersion dans ces contes coréens pourtant pleins de caractère. À 34,99 €, le diamant brut mérite un patch d’optimisation ciblé sur la lisibilité portable et la stabilité des 30 FPS pour exprimer tout son potentiel nomade.
The Relic First Guardian
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