Conçu en secret pour un GPS Game Boy Advance par des anciens de Metal Slug : le JRPG Navinosuke ressuscite 20 ans plus tard sur Switch et PC

Il existe dans les tiroirs de l’industrie japonaise des prototypes si audacieux qu’ils semblent avoir voyagé dans le temps. Plus de vingt ans après sa mise en sommeil forcée au début des années 2000, le jeu de rôle 2D Navinosuke: The Yo-kai Buster sort enfin de l’ombre. Développé par KOHACHI STUDIO sous la houlette du célèbre pixel artist Akio (figure historique de Metal Slug et In the Hunt à l’époque de Nazca Corporation) et édité par Happinet au sein de sa gamme Happinet Indie Collection, ce JRPG atypique débarquera en 2027 sur Nintendo Switch et PC.
Un projet secret sur Game Boy Advance qui avait anticipé Pokémon GO de quinze ans
L’histoire de la genèse de Navinosuke: The Yo-kai Buster ressemble à un véritable roman d’archéologie vidéoludique. Au tournant des années 2000, une petite équipe de vétérans de l’arcade dirigée par Akio planche en grand secret sur un RPG de collecte de créatures destiné à la Game Boy Advance. L’idée centrale du projet a de quoi donner le tournis aujourd’hui : le titre était conçu pour fonctionner avec un périphérique GPS branché directement sur la portable de Nintendo, plus d’une décennie avant que les smartphones et Pokémon GO ne démocratisent la chasse aux monstres géolocalisée.
Hélas, lorsque l’accessoire matériel a finalement été annulé, le jeu s’est retrouvé privé de son support et a dû être remisé au placard malgré un développement très avancé. Pendant plus de deux décennies, ses cartouches de travail et ses planches de sprites ont dormi dans les archives de ses créateurs. Refusant de laisser mourir cette œuvre, KOHACHI STUDIO et Happinet ont entrepris de restaurer intégralement le code et les graphismes d’origine tout en repensant l’interface et les mécaniques pour nos machines actuelles, comme le montre la page Steam officielle de Navinosuke: The Yo-kai Buster déjà ouverte aux listes de souhaits.

Une poupée karakuri et plus de 200 Yo-kai à apprivoiser dans le Japon ancien
Loin d’une simple curiosité historique, le titre dévoile un univers particulièrement inspiré qui mêle la structure d’un Pokémon au folklore mystique des exorcistes japonais. L’aventure prend place dans une version fantasmée du Japon ancien, la terre de Zipangu, alors que la frontière entre le monde des humains et celui des esprits s’effondre. Pour endiguer le chaos, le Bureau d’Onmyo fabrique en secret une arme ultime : Navinosuke, un apprenti Onmyoji qui prend la forme d’un petit automate traditionnel karakuri.
Le récit bascule lorsqu’un être humain de notre époque voit son âme projetée mille ans dans le passé et se retrouve lié au destin de ce pantin mécanique. Ensemble, ils parcourent les provinces de l’archipel pour enquêter sur des phénomènes surnaturels et affronter les forces des ténèbres. Tout au long du périple, le joueur croise la route de plus de 200 Yo-kai uniques, qu’il est possible de combattre, de sceller, puis de convaincre de rejoindre l’équipe en tant qu’alliés fidèles.
Système de Shikigami et pixel art d’orfèvre hérité de l’âge d’or de l’arcade
Les affrontements reposent sur un système de combat au tour par tour exigeant, articulé autour du système de Shikigami et de cinq affinités élémentaires visibles sur le site officiel de KOHACHI STUDIO : le Feu, l’Eau, la Terre, le Fantôme et la Malédiction. Chaque créature recrutée peut être entraînée, personnalisée et combinée au sein d’une escouade taillée pour exploiter les faiblesses adverses, tandis que d’autres projets nippons cherchent eux aussi à réinventer leurs classiques comme Ragnarok Project qui basculera vers le RPG tactique solo à la même période.
Mais ce qui saute immédiatement aux yeux dans les premières séquences de gameplay, c’est la générosité folle de sa réalisation 2D. On y retrouve immédiatement la patte d’Akio et des anciens maîtres du pixel art d’arcade japonais : chaque Yo-kai, du plus petit esprit espiègle aux boss monumentaux qui remplissent l’écran, bénéficie d’animations détaillées et d’expressions savoureuses qui rendent hommage à l’âge d’or de la 32-bit portable. Prévu dans le courant de notre calendrier des sorties jeux vidéo 2027 sur Nintendo Switch et PC, ce miraculé du début du siècle s’annonce déjà comme une étape incontournable pour les amoureux de JRPG rétro.
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Mon regard
J’ai beau fouiller les archives du jeu vidéo japonais depuis des années, j’ai encore du mal à réaliser la portée d’une telle résurrection. Savoir qu’au tout début des années 2000, le légendaire Akio et des anciens artisans de Metal Slug avaient conçu un RPG de capture de Yo-kai piloté par GPS sur Game Boy Advance, quinze ans avant le raz-de-marée Pokémon GO, me donne un vrai vertige. Là où tant de prototypes annulés finissent perdus à jamais sur des disques durs oubliés, voir KOHACHI STUDIO exhumer ces plus de 200 créatures dessinées au pixel près pour leur offrir une seconde vie sur Switch et Steam en 2027 est un pur cadeau pour la préservation du médium.
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