Après le million de Star Fox, Nate Bihldorff place les remakes « à égalité » avec les nouveaux jeux Switch 2

Alors que la refonte intégrale de The Legend of Zelda: Ocarina of Time vient tout juste de débarquer en boutique le 5 novembre 2026, la feuille de route de la Nintendo Switch 2 révèle une mécanique bien huilée. En l’espace de cinq mois, le constructeur japonais a déjà ressuscité deux piliers fondateurs de l’ère Nintendo 64. Loin d’être une simple parenthèse nostalgique destinée à meubler la première année complète de la machine, cette politique de restauration occupe désormais le même rang stratégique que le développement d’épisodes totalement inédits.
Une « importance égale » au sein du catalogue Nintendo Switch 2
C’est Nate Bihldorff, vice-président senior du développement produit et de l’édition chez Nintendo of America, qui a posé les mots les plus clairs sur cette orientation en marge du lancement des nouvelles aventures de Link. Selon le dirigeant, la frontière hiérarchique entre une création originale et une refonte de prestige n’a plus lieu d’être dans l’organisation actuelle de l’éditeur.
« Je pense sincèrement que les nouveaux jeux et les remakes ont tous deux leur place au sein de l’écurie Nintendo, avec une importance égale, pour être honnête. Chaque licence que nous possédons compte ses propres admirateurs. Bien sûr, accueillir des épisodes inédits dans ces séries est formidable et je les attends avec autant d’impatience que tout le monde, mais il existe aussi une profonde satisfaction à revisiter des œuvres qui ont été très, très spéciales, comme Ocarina of Time. Il faut également songer à toutes les personnes qui n’ont jamais joué à l’original : pour elles, ce remake d’Ocarina of Time représente une expérience 2026 totalement inédite, et j’ai hâte qu’elles puissent la découvrir manette en main. »
Cette prise de position éclaire la cadence adoptée depuis l’été. Sorti le 25 juin 2026 et co-développé avec Velan Studios, le remake de Star Fox a déjà trouvé son public : comme le détaille le récent bilan des million-sellers de la Nintendo Switch 2 au 30 septembre 2026, le tir sur rail de Fox McCloud cumule déjà 1,17 million d’exemplaires écoulés, faisant mieux en trois mois que le score total de Star Fox 64 3D sur l’ensemble de la vie de la Nintendo 3DS.
Conquérir un nouveau public tout en formant la relève de Kyoto
Avec un parc installé qui culmine déjà à 26,35 millions de Nintendo Switch 2 distribuées dans le monde et 73,21 millions de logiciels vendus, la firme de Kyoto s’adresse à toute une génération de joueurs née bien après la sortie initiale d’Ocarina of Time en novembre 1998. Pour cette frange du public, découvrir Hyrule avec des géométries reconstruites de zéro, un éclairage moderne et une bande-son réorchestrée équivaut bel et bien à une sortie majeure de 2026, au même titre que Splatoon Raiders (2,42 millions de ventes) ou Fire Emblem: Fortune’s Weave (1,34 million).

Mais l’intérêt de ces chantiers ne se mesure pas uniquement dans les tableaux financiers. En interne, ces reconstructions intégrales servent aussi de laboratoire d’apprentissage. Comme l’avait confié Eiji Aonuma en expliquant comment de jeunes développeurs ont façonné le remake de Zelda Ocarina of Time au sein de Nintendo EPD Group 3, faire rebâtir un classique par des recrues n’ayant jamais connu l’œuvre d’origine permet de transmettre la philosophie de design maison avant de basculer sur le prochain épisode 3D inédit.
Majora’s Mask et le vivier Nintendo 64 en ligne de mire
Si Nate Bihldorff s’est bien gardé d’annoncer le prochain titre inscrit sur le calendrier, le choix de deux monuments de la Nintendo 64 coup sur coup en 2026 dessine une trajectoire limpide. Le moteur, les modèles de personnages et les outils mis au point pour Ocarina of Time constituent une base technique immédiatement réutilisable pour The Legend of Zelda: Majora’s Mask. Nintendo avait d’ailleurs appliqué exactement cette méthode sur Nintendo 3DS en faisant suivre le premier volet de sa suite sombre à Termina quelques années plus tard.
Au-delà de la saga d’Eiji Aonuma, cette parité assumée entre créations neuves et classiques remis au goût du jour laisse la porte grande ouverte aux autres trésors endormis des générations Nintendo 64 et GameCube, de Wave Race à F-Zero X en passant par Eternal Darkness ou la trilogie Mother, pour alimenter le rythme de croisière de la console dès 2027.
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Mon regard
Entendre Nintendo assumer sans détour que les remakes pèsent désormais aussi lourd que les nouveaux jeux dans son planning a au moins le mérite de la franchise. Quand le travail de reconstruction est du calibre de cet Ocarina of Time version 2026 ou que Star Fox retrouve enfin ses lettres de noblesse manette en main, difficile de bouder son plaisir. Reste tout de même une vraie vigilance à garder côté joueurs : facturer un classique restauré au prix fort de 69,99 € tout en amputant la cartouche du mode Master Quest demande une exigence irréprochable à chaque sortie. Si cette stratégie nous offre un Majora’s Mask sublimé avec la même générosité visuelle d’ici deux ans, je signe tout de suite, à condition que ces chantiers ne servent jamais de prétexte pour ralentir la prise de risque sur les nouvelles licences.
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