Fronde anti-data centers et valorisation à 150 milliards : pourquoi l’analyste Joost van Dreunen juge Microsoft proche de céder Xbox

Et si la facture énergétique et politique de l’intelligence artificielle finissait par coûter sa place à la division gaming de Redmond ? Dans une nouvelle note prospective intitulée « The election that could break up Xbox » et publiée le 6 novembre 2026 sur sa newsletter SuperJoost Playlist, l’analyste Joost van Dreunen (ancien fondateur de SuperData Research et professeur à la NYU Stern School of Business) estime que le basculement des deux chambres du Congrès américain aux mains des Démocrates lors des élections de mi-mandat rapproche plus que jamais Microsoft d’une cession ou d’une scission (spin-off) de Xbox.
40 villes américaines contre les data centers IA : l’étau qui complique l’équation de Microsoft
À première vue, le lien entre un scrutin législatif américain et l’avenir d’une console de salon peut sembler indirect. Pourtant, la démonstration de Joost van Dreunen s’appuie sur le nerf de la guerre actuel chez Microsoft : le déploiement frénétique de ses centres de données dédiés à l’intelligence artificielle et au cloud Azure. Lors des scrutins locaux organisés cette semaine en marge des élections de mi-mandat, plus de 40 villes et comtés américains ont soumis au vote des mesures encadrant l’implantation de nouveaux data centers, et au moins 10 collectivités ont voté des restrictions strictes ou des interdictions pures et simples.
En parallèle, une enquête nationale menée auprès de plus de 79 000 électeurs inscrits indique que la position des candidats sur l’IA et la consommation électrique des centres de données a pesé comme un facteur « majeur » dans le vote de 56 % des répondants. Avec l’arrivée de nouveaux gouverneurs démocrates ayant promis de suspendre les permis de construire et de supprimer les abattements fiscaux accordés aux géants du cloud, le coût d’expansion de l’infrastructure IA de Microsoft s’annonce nettement plus lourd que prévu.

Une division valorisée entre 100 et 150 milliards de dollars et le rôle clé du département « XP »
Pour financer cette course à l’infrastructure IA sans dégrader ses marges globales, la direction financière de Microsoft a déjà multiplié les coupes sombres dans sa branche jeu vidéo depuis le rachat d’Activision Blizzard pour 68,7 milliards de dollars, alors même que ses grands chantiers internes s’étirent dans le temps, à l’image de la fenêtre de sortie interne de The Elder Scrolls VI: Sentinel désormais repoussée après 2028. Comme le souligne van Dreunen, le contraste interne devient difficile à ignorer pour les actionnaires : tandis que les revenus matériels et globaux de Xbox continuent de s’éroder, la division Search and Advertising de Microsoft a progressé de +10 % en 2026.
| Indicateur / Facteur stratégique | Données chiffrées (Note SuperJoost) | Impact sur l’avenir de Xbox chez Microsoft |
|---|---|---|
| Fronde locale anti-data centers | Plus de 40 villes/comtés consultés, au moins 10 interdictions ou restrictions votées (enjeu majeur pour 56 % de 79 000 électeurs) | Hausse des coûts d’infrastructure IA de Microsoft (fin des cadeaux fiscaux et gel de permis) |
| Écart de croissance interne (2026) | +10 % de croissance pour la branche Search & Advertising face au repli continu du chiffre d’affaires Xbox | Arbitrage de capital défavorable au jeu vidéo face aux priorités B2B et Cloud |
| Intérêt des fonds d’investissement | Valorisation estimée entre 100 et 150 milliards de dollars par des acteurs du private equity | Démenti officiel d’un porte-parole de Microsoft (« Xbox n’est pas à vendre »), mais pression financière persistante |
| Création du pôle « XP » (Asha Sharma) | Nouveau département dédié à l’adaptation des licences Xbox au cinéma et à la télévision | Structure la division comme un groupe de divertissement autonome, plus attractif en cas de scission |
Même si le constructeur continue d’améliorer son écosystème logiciel au quotidien, comme en témoigne la récente mise à jour offrant un démarrage 60 % plus rapide à l’application Xbox sur PC, l’hypothèse d’une séparation capitalistique circule déjà dans les cercles financiers. Des fonds de capital-investissement (private equity) ont récemment étudié la faisabilité d’un rachat de la branche gaming en la valorisant entre 100 et 150 milliards de dollars. Si un porte-parole de Microsoft a formellement répliqué que « Xbox n’est pas à vendre », Joost van Dreunen observe que la décision de la PDG de Microsoft Gaming, Asha Sharma, de fonder un département « XP » consacré aux adaptations télévisées et cinématographiques façonne précisément Xbox sur le modèle d’une major du divertissement prête à voler de ses propres ailes.
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Mon avis
Soyons lucides : le jour où Microsoft a signé un chèque de 68,7 milliards de dollars pour s’offrir Activision Blizzard, le conseil d’administration de Satya Nadella a cessé de regarder Xbox comme un hobby sympathique pour y appliquer les mêmes exigences de rentabilité qu’à Azure ou Office. Aujourd’hui, entre la boulimie énergétique de l’IA qui engloutit tout le cash-flow du groupe et une stratégie éditoriale qui consiste déjà à vendre Forza, Halo ou Call of Duty plein pot chez Sony sur PS5, le matériel Xbox est devenu une anomalie comptable dans les bilans de Redmond. Qu’il s’agisse d’une vente sèche ou d’une mise en bourse séparée à 120 milliards de dollars, l’analyse de Joost van Dreunen met le doigt sur ce que tout le secteur murmure tout bas.
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