500 millions de dollars pour Resident Evil Requiem : seulement 8,6 % des ventes sur Xbox face au rouleau compresseur PS5 et Steam

Le dernier-né de Capcom confirme avec éclat son statut de titan économique. Sorti le 27 février 2026 sous la houlette du réalisateur Koshi Nakanishi, Resident Evil Requiem a officiellement pulvérisé la barre des 500 millions de dollars de revenus pour 8,5 millions d’exemplaires écoulés dans le monde. C’est le démarrage le plus foudroyant de toute l’histoire trentenaire de la franchise.
Pourtant, derrière ce triomphe insolent célébrant les retrouvailles entre Grace Ashcroft et Leon S. Kennedy se cache une réalité glaciale pour Microsoft. Une analyse approfondie des parts de marché menée par le cabinet indépendant Alinea Analytics révèle un déséquilibre saisissant entre les différentes plateformes de jeu.
L’hégémonie de la PS5 et de Steam : 91,4 % du gâteau mondial confisqué
Les données compilées par Alinea Analytics démontrent une suprématie totale du tandem formé par Sony et Valve. À elle seule, la PlayStation 5 s’empare de la première marche du podium avec 48,1 % du total des ventes, ce qui représente environ 4,01 millions d’unités physiques et numériques écoulées.
L’autre vainqueur incontestable de ce lancement mondial n’est pas une console de salon, mais l’ordinateur personnel. Avec 43,4 % des volumes mondiaux (près de 3,69 millions de copies), la plateforme Steam talonne désormais directement Sony. Réunies, la PS5 et la boutique de Valve captent 91,4 % des revenus générés par le titre de Capcom.

Xbox Series X/S : le gouffre d’un parc réduit à 8,6 % des ventes
Pour la division gaming de Microsoft, les résultats publiés par le cabinet d’études sont particulièrement austères. Les consoles Xbox Series X et Series S ne captent que 8,6 % des ventes globales de ce neuvième volet canonique, soit à peine 731 000 exemplaires trouvés preneurs à travers le monde.
Ce gouffre ne s’explique pas uniquement par l’écart arithmétique de parc installé en faveur de la machine de Sony. Il confirme une mutation profonde dans les habitudes de consommation des joueurs Xbox, de plus en plus réticents à acheter des productions tierces au tarif fort de 80 euros.
Cette réalité chiffrée éclaire d’un jour nouveau les récents choix industriels de la firme de Redmond. Notre analyse sur la sortie en novembre 2027 de Xbox Project Helix illustre précisément la volonté de Microsoft de briser les frontières matérielles traditionnelles pour sauver sa présence sur le marché des consoles de salon.
L’avis de la rédaction : le piège du Game Pass et le vrai roi du jeu vidéo
Mon constat sur ce chiffre de 8,6 % est sans appel : voir une légende comme Resident Evil réduite à une portion congrue sur Xbox illustre parfaitement le grand paradoxe du modèle Microsoft.
D’un point de vue purement comptable pour Microsoft, le Game Pass reste un coup de maître. Selon la vaste étude de marché de l’institut Circana menée par l’analyste Mat Piscatella, 63 % des joueurs achètent deux jeux ou moins par an (dont 33 % qui en achètent moins d’un seul). Dans l’ancien modèle de vente à l’unité, deux jeux tiers à 80 euros ne rapportaient à Microsoft que sa commission de 30 %, soit environ 48 euros par an et par joueur. Avec un abonnement Game Pass Ultimate à 20 euros par mois, Microsoft encaisse 240 euros par an garantis, soit cinq fois plus de revenus directs, même si le joueur n’achète plus jamais rien à la pièce.
Mais ce qui enrichit Microsoft asphyxie les éditeurs tiers comme Capcom. Sur ces 240 euros de rente annuelle, Capcom ne touche pas le moindre centime. Le joueur Xbox moyen, qui paie déjà son pass mensuel pour accéder à 400 jeux, refuse de repasser à la caisse pour 80 euros et préfère attendre une hypothétique arrivée dans le catalogue. Résultat : alors que les joueurs PlayStation et PC continuent d’acheter massivement les nouveautés plein pot (91,4 % des ventes cumulées), le store Xbox devient un désert pour les blockbusters tiers hors-abonnement.
Alors, qui est le grand gagnant dans cette histoire ? Certainement pas Xbox, qui marginalise son propre hardware auprès des éditeurs tiers. Sony tire son épingle du jeu avec une PS5 solide (48,1 % des ventes), mais le véritable grand vainqueur absolu s’appelle Steam.
Sans fabriquer de console de salon vendue à perte, sans débourser un centime en chèque d’exclusivité et sans assumer le moindre risque industriel, Valve capte 43,4 % des ventes mondiales de Resident Evil Requiem et encaisse des dizaines de millions de dollars de commission quasi pure. Le PC a rattrapé la console de salon. Et la preuve ultime de ce triomphe, c’est que Microsoft lui-même est aujourd’hui contraint avec son Project Helix d’ouvrir sa future console à Steam pour éviter de disparaître des radars.
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