Un au-delà sans combat par un vétéran de Love, Death + Robots : Abelina, Brushland et Cresata marquent le MIX Fall Showcase 2026

Le The MIX Fall Game Showcase 2026 du 17 octobre a réservé une place de choix aux productions indépendantes singulières, aux côtés de l’arrivée de Coral Island sur Nintendo Switch 2 avec sa mise à jour 1.4. Trois créations aux identités visuelles et mécaniques radicales se sont particulièrement distinguées durant la conférence : Abelina, Brushland et Cresata.
De l’exploration contemplative d’un au-delà bioluminescent à la peinture vivante d’un royaume féerique, en passant par l’action nerveuse au grappin, ces trois projets illustrent la diversité des chantiers attendus sur PC et consoles d’ici 2027. Tour d’horizon des bandes-annonces, des mécaniques et des échéances de démos confirmées par leurs studios respectifs.
Abelina : un au-delà surréaliste sans aucun combat, porté par un vétéran de Love, Death + Robots
Développé en solo par Gabe Askew, artiste vétéran des cinématiques 3D passé par Blur Studio et Hornet (scènes animées de la série d’anthologie Love, Death + Robots), et édité par Indieformer, Abelina sur Steam prend le contrepied total des jeux d’action traditionnels. Le titre nous glisse dans la peau de Vasily, décédé depuis quelque temps, qui tente de reconstruire un semblant d’équilibre au sein d’un petit hameau de l’au-delà où des âmes de différentes générations cultivent des jardins et sculptent des masques d’oiseaux pour oublier leur condition.
Lorsqu’un drame brise cette paix fragile, Vasily s’enfonce seul dans les terres sauvages pour des motifs qu’il refuse d’avouer aux siens, tandis que ses anciens compagnons se lancent sur ses traces et le rejoignent chaque soir autour du feu de camp. La particularité fondamentale du jeu tient en une règle stricte : il n’y a absolument aucun combat dans Abelina.

Aucune créature croisée en chemin ne peut être affrontée, ce qui concentre toute l’expérience sur la grimpe, le saut et la lecture du relief à travers des biomes façonnés à la main. La flore bioluminescente y éclaire l’obscurité grâce à des plantes-lanternes suspendues et des bassins de corail lumineux, peuplés de singes pâles appelés komin, de papillons géants aux ailes étoilées, de chèvres phosphorescentes et de scarabées géants que l’on peut chevaucher pour gravir les collines.
Accompagné par une bande originale signée Ryan Holladay, lauréat d’un Webby Award et compositeur pour le cinéma (Weapons), le titre s’inscrit dans la lignée des essais jouables attendus cet automne sur la plateforme de Valve, quelques semaines après la première démo Steam de l’action-RPG Second Stone. Abelina ouvrira sa démo publique gratuite en novembre 2026, avant un lancement complet programmé pour le premier trimestre 2027 sur PC.
Brushland : peindre le relief au pinceau avec le créateur de Soldat et King Arthur’s Gold
Changement d’atmosphère avec Brushland, la nouvelle création de Michał Marcinkowski au sein de son studio Transhuman Design, à qui l’on doit les classiques indépendants Soldat et King Arthur’s Gold. Inspiré à la fois par l’architecture du château de Neuschwanstein et par les travaux d’Oskar Stålberg (Townscaper) ou d’Anastasia Opara (Tiny Glade), ce jeu de construction féerique abandonne tout catalogue de bâtiments préfabriqués.
Ici, le joueur manie directement un pinceau sur la carte : peindre de la roche fait surgir des sommets enneigés d’où s’écoulent des rivières et des cascades, tandis que chaque tuile observe ses voisines pour décider de sa propre évolution. Une maison isolée que l’on entoure d’une route se métamorphose d’elle-même en église dotée d’un clocher, là où une demeure bordée de champs déploie les ailes d’un moulin à vent avant que le hameau ne finisse par ériger un château aux tours pointues.

Dépourvu de chronomètre, de gestion punitive ou d’écran de défaite, le jeu fait débarquer ses villageois par bateau avec leurs valises pour animer les ruelles, réclamer un pont ou ouvrir une mine. Même si le joueur peint accidentellement un lac sous les pieds d’une foule, les habitants nagent simplement jusqu’à la rive pour s’installer plus loin.
Autre trouvaille technique ingénieuse : une fois le royaume bâti, il est possible de lui appliquer 42 palettes de couleurs distinctes, puis de compresser l’intégralité de sa création en un court code texte à envoyer à un ami comme une simple carte postale. Attendu sur PC (Windows, Mac, Linux) et Steam Deck, Brushland proposera une démo jouable au premier trimestre 2027, suivie d’une sortie complète au deuxième trimestre 2027.
Cresata : grappin Crescent Claw, environnements 2.5D rotatifs et Ben Starr au doublage
Pour les amateurs de réflexes affûtés et d’ambiances sombres, le studio Shatter Flask Games et l’éditeur Rocket Panda Games ont profité du showcase pour remontrer Cresata, un jeu d’action et de plateforme 2.5D d’inspiration rétro. On y incarne le revenant Phaedon d’Arsica, trahi et laissé pour mort lors d’une rébellion, qui traque son ancien frère d’armes Leo Vennghast et la faction des Reclaimers avant qu’ils ne s’emparent du pouvoir enfoui sur l’île de New Arsica.
Chaque boss affronté est un ancien allié que Phaedon connaissait personnellement, et les combats reposent sur la Crescent Claw, une griffe à chaîne polyvalente. Cet outil permet à la fois de dévier les projectiles, de déclencher les techniques martiales des Cresata Arts et de s’accrocher aux points d’ancrage pour se propulser à travers des niveaux mêlant personnages en pixel art 2D et architectures 3D qui pivotent dynamiquement durant la course.
Au-delà de son mode contre-la-montre en ligne (Ghost Races) conçu pour affronter les fantômes des meilleurs speedrunners sur les classements mondiaux, Cresata s’offre une distribution vocale anglophone de premier plan avec Ben Starr et Aleks Le (Solo Leveling). Le titre est prévu sur PS5, Xbox Series X|S et PC via Steam et l’Epic Games Store.
Mon regard : quand l’animation 3D et le code procédural réinventent l’exploration
Ce qui me touche particulièrement dans cette cuvée automnale du MIX Showcase, c’est la manière dont des créateurs expérimentés détournent leur bagage technique pour briser les conventions d’interface. Voir un réalisateur de cinématiques comme Gabe Askew retirer toute mécanique d’attaque dans Abelina force le regard à s’attarder sur la posture de Vasily, sur le balancement des plantes-lanternes et sur la narration silencieuse qui naît du simple fait de grimper côte à côte avec ses compagnons d’infortune.
De la même façon, l’automate cellulaire contextuel imaginé par Michał Marcinkowski dans Brushland prouve que la génération adaptative n’a pas besoin de menus complexes pour donner vie à un monde cohérent, surtout lorsqu’un royaume entier peut tenir dans une simple chaîne de caractères partageable. Rendez-vous dès le mois de novembre 2026 sur Steam pour faire nos premiers pas dans l’au-delà fluorescent d’Abelina.
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