1 799 € chez les revendeurs européens au lieu des 949 $ d’Intel : le premier GPU Intel Arc d’ASUS affiche un tarif vertigineux

Dix jours à peine après avoir officialisé la fin de cinq années d’abstinence sur les puces graphiques dédiées d’Intel, le constructeur taïwanais dévoile la facture européenne de son retour. Référencée depuis ce matin dans les catalogues de plusieurs distributeurs européens en Allemagne, en Autriche, en Suisse et en France (dont Computeruniverse, Galaxus et LDLC), la toute première carte graphique Intel Arc conçue par la marque, l’ASUS UGen Intel Arc Pro B70 32 Go, s’affiche au tarif de 1 799 € TTC.
Ce positionnement tarifaire marque un contraste saisissant avec le prix public conseillé de référence initialement fixé par Intel à 949 dollars hors taxes aux États-Unis (soit environ 1 050 à 1 100 € une fois la TVA européenne appliquée). Même face aux premières déclinaisons partenaires de Sparkle ou d’ASRock qui oscillaient entre 1 300 et 1 500 €, la division professionnelle d’ASUS place la barre près de 70 % au-dessus de la conversion théorique du modèle de base.
De 949 $ HT à 1 799 € TTC : ce qui sépare la version ASUS UGen du modèle de référence
Comme nous le détaillions lors de la présentation technique de l’ASUS UGen Intel Arc Pro B70 à 32 Go de VRAM, le fabricant n’a pas simplement apposé son logo sur la carte de référence d’Intel. Commercialisée sous le code produit 90YV0P40-M0NA00 (modèle UGEN-ARC-PRO-B70-32G), cette déclinaison repousse l’enveloppe thermique totale (TBP) à 310 W, contre 230 W par défaut sur le cahier des charges initial d’Intel.
Ce surplus électrique de 80 W, alimenté par un connecteur 12V-2×6 déporté à l’arrière du carénage, permet au silicium haut de gamme Battlemage BMG-G31 de soutenir sa fréquence Boost maximale de 2 800 MHz sans subir d’étranglement thermique lors des calculs intensifs prolongés. Selon la fiche technique officielle publiée par ASUS, la carte mobilise l’intégralité du die « Big Battlemage » pour les stations de travail et l’inférence locale.
- Processeur graphique : puce Intel Battlemage BMG-G31 complète (architecture Xe2)
- Unités de calcul : 32 cœurs Xe2 (4 096 unités de calcul), 32 unités de Ray Tracing et 256 moteurs matriciels XMX (jusqu’à 367 TOPS en INT8)
- Mémoire vidéo : 32 Go de GDDR6 avec correction d’erreurs ECC sur un bus de 256 bits (19 Gbps effectifs, soit 608 Go/s de bande passante)
- Fréquences d’horloge : 2 280 MHz de base et jusqu’à 2 800 MHz en fréquence Boost
- Alimentation et refroidissement : TBP poussé à 310 W (connecteur 12V-2×6 arrière), turbine radiale (blower) sur 2 slots d’épaisseur et pad thermique à changement de phase
- Interface et affichage : bus PCIe 5.0 x16, trois sorties DisplayPort 2.1 (UHBR20) et un port HDMI 2.1b
- Tarif constaté en Europe : 1 799 € TTC (de 1 749 € à 1 899 € selon la fiscalité locale des revendeurs)

Cartes Graphiques Intel Arc Battlemage (Série B)
- Architecture Intel Xe2-HPG Battlemage et moteurs XMX
- Accélération matérielle XeSS 2 et Ray Tracing
- Encodage matériel AV1 et DisplayPort 2.1
Châssis 2 slots à turbine radiale et stations multi-GPU à 128 Go de VRAM
Pour justifier un positionnement autour de 1 799 € auprès des studios et des laboratoires d'intelligence artificielle, ASUS mise sur une conception mécanique taillée pour la densité en rack. Le châssis métallique respecte scrupuleusement une épaisseur de deux slots et s'appuie sur une turbine radiale à double roulement à billes qui expulse l'intégralité du flux d'air chaud hors du boîtier à travers une équerre en acier inoxydable 304.

En interne, le die BMG-G31 est protégé aux quatre angles par un scellement adhésif ASUS GPU Guard et recouvert d'un pad thermique à changement de phase conçu pour conserver ses propriétés de conduction bien plus longtemps qu'une pâte thermique standard. Alignées par quatre au sein d'une même machine via la pile logicielle Intel SuperClaw et le moteur vLLM, ces cartes cumulent 128 Go de mémoire vidéo ECC pour faire tourner en local des grands modèles de langage (LLM) de 70 à 120 milliards de paramètres sans dépendre du cloud.
Pourquoi ce tarif de 1 799 € scelle le destin de la puce BMG-G31 pour les joueurs PC
Au-delà du marché professionnel, cette étiquette européenne livre une réponse limpide aux joueurs PC qui espéraient encore voir débarquer une Intel Arc B770 grand public armée de ces mêmes 32 cœurs Xe2 et de ce bus 256 bits. Face aux GeForce RTX 5070 de 12 Go ou aux Radeon RX 9070 XT de 16 Go qui animent les configurations de jeu actuelles, une carte gaming dotée de la puce BMG-G31 aurait dû s'afficher entre 450 et 550 € pour rester compétitive.
Or, dans un marché où la mémoire GDDR6 certifiée ECC et les substrats d'encapsulation flambent sous la pression des centres de données, écouler ce même silicium BMG-G31 entouré de 32 Go de VRAM entre 1 500 et 1 799 € dans le secteur des stations de travail offre des marges sans commune mesure pour Intel et ses partenaires. Même à ce tarif, quatre cartes ASUS UGen Arc Pro B70 reviennent nettement moins cher qu'un seul accélérateur serveur concurrent de capacité mémoire équivalente.
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Mon banc d'essai
Quand j'ai vu la fiche technique de l'ASUS UGen Arc Pro B70 tomber il y a dix jours, je me doutais que le tarif européen dépasserait largement les 949 dollars HT annoncés sur le papier par Intel, mais franchir d'emblée le cap des 1 799 € TTC confirme à quel point le marché des cartes graphiques marche sur la tête en 2026. Payer près de 1 800 € pour une puce Battlemage BMG-G31 de 32 cœurs Xe2, aussi soignée soit son enveloppe thermique de 310 W et son pad à changement de phase, illustre la prime colossale désormais facturée dès qu'un PCB embarque 32 Go de mémoire vidéo.
En tant qu'assemblier et testeur de matériel, je retiens surtout la cruelle ironie de cette sortie : ASUS signe ici la carte Battlemage la plus aboutie et la plus musclée jamais produite, mais aucun joueur PC ne la montera pour lancer ses jeux en 4K. Tant que les entreprises achèteront ces cartes par grappes de quatre à 1 799 € l'unité pour faire tourner des modèles IA en local, les dies haut de gamme de 256 bits continueront de déserter nos boîtiers gaming.
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