Splatoon Raiders et Donkey Kong Bananza tournent déjà sur PC : l’émulateur Eden franchit le cap de la Nintendo Switch 2

La barrière matérielle qui séparait encore l’écosystème Apple des ordinateurs sous Windows vient de céder en moins de vingt-quatre heures. Alors que Mario Kart World tournait hier sur Mac grâce à un fork de nxnative profitant de l’architecture ARM64 des puces Apple Silicon, deux nouvelles démonstrations publiées ce 28 octobre 2026 prouvent que les exclusivités Nintendo Switch 2 commencent désormais à s’exécuter sur PC sous Windows 11. Une branche expérimentale de l’émulateur open source Eden parvient ainsi à lancer Splatoon Raiders, tandis que Donkey Kong Bananza tourne en parallèle dans une fenêtre native sur ordinateur.
La branche expérimentale nx2 de l’émulateur Eden fait démarrer Splatoon Raiders sous Windows 11
Jusqu’ici, les premiers essais d’exécution hors de la console hybride de Kyoto reposaient sur une correspondance directe entre le processeur ARM64 de la machine et les puces M-Series d’Apple, ce qui évitait d’avoir à émuler le processeur central. Sur un PC équipé d’un processeur x86-64 sous Windows 11, l’obstacle est autrement plus ardu : chaque instruction machine ARM64 ainsi que les appels du nouveau pipeline graphique NVN2 doivent être traduits à la volée vers l’architecture du PC et l’API Vulkan.
C’est précisément ce verrou que vient de faire sauter un build de développement privé de l’émulateur Eden (projet dérivé de l’architecture historique de Yuzu). Dans une séquence vidéo de 32 secondes capturée sous Windows 11 et partagée par le développeur Sheepish (@MakoCW), une version identifiée dans sa barre de titre sous la référence Eden 9f30683b24-nx2 | nx2-9f30683b24-nx2 lance avec succès Splatoon Raiders, le spin-off solo et coopératif sorti en exclusivité sur Nintendo Switch 2 le 23 juillet 2026.
Pour les joueurs qui souhaitent découvrir ces trois exclusivités majeures dans des conditions optimales sur la console officielle de Nintendo, voici les meilleures offres vérifiées en temps réel :
La capture vidéo permet de mesurer avec exactitude l’état d’avancement de cette branche nx2 sur PC :
- Amorçage et rendu volumétrique : l’exécutable franchit l’écran noir initial dès la sixième seconde pour afficher l’arrière-plan animé des nuages volumétriques de Splatoon Raiders. Faute de synchronisation verticale (VSync) fonctionnelle dans ce prototype, le compteur interne de l’émulateur s’envole jusqu’à 109 FPS durant les transitions.
- Interaction dans les menus et limites actuelles : à partir de la vingt-quatrième seconde, le titre affiche l’écran des trois bannières colorées (verte, bleue et rouge) et prend en charge le déplacement fluide du curseur en forme de calamar à la souris. En revanche, les polices de caractères ne sont pas encore chargées, de fortes saccades surviennent lors de la compilation des shaders et de nombreuses routines système restent non implémentées.
Donkey Kong Bananza sur PC et Mario Kart World sous les 6,5 Go de RAM sur iPhone 18 Pro
En parallèle de cette avancée sur Eden, une seconde preuve de concept apparue ce 28 octobre montre Donkey Kong Bananza, le jeu d’action-plateforme 3D de Nintendo EPD Tokyo, en cours d’exécution directe sous Windows 11. La fenêtre de l’application, intitulée « Donkey Kong Bananza (recompilado) », révèle que le jeu dépasse le simple écran titre pour charger directement une scène en trois dimensions au cœur d’une caverne.

Le modèle 3D de Donkey Kong avec sa salopette et sa fourrure, les parois rocheuses destructibles au premier plan ainsi que le cristal de Banandium doré au centre de l’arène sont correctement géométriques et éclairés. Toutefois, l’arrière-plan est encore constellé de larges triangles noirs qui témoignent des formats de tampons graphiques et des shaders propriétaires NVN2 non encore traduits sur PC.
Du côté des appareils mobiles Apple, le développeur Will Faust (@willfaustcuber) a également franchi une étape supplémentaire avec son fork privé de nxnative en faisant tourner Mario Kart World sur un iPhone 18 Pro. Grâce à l’implémentation d’un mécanisme de mémoire paginée en espace utilisateur adossé au stockage fichier (userspace file-backed swap), l’empreinte en mémoire vive physique est maintenue juste sous la barre des 6,5 Go de RAM. Selon le développeur, cette optimisation laisse entrevoir une compatibilité théorique avec les terminaux équipés de 8 Go de mémoire vive comme l’iPhone 16, même s’il a formellement confirmé qu’il ne publierait pas le code source de ses modifications dédiées à la Switch 2.
Une onde de choc née de l’exploit ns2jb, mais réservée aux chercheurs
Cette accélération spectaculaire sur PC, Mac et iOS découle directement du premier jailbreak logiciel ns2jb sur le firmware 23.0.1 de la Nintendo Switch 2, découvert par le chercheur en sécurité Sammy Hajhamid (pepsipu) en exploitant une vulnérabilité de dépassement d’entier 32 bits dans l’application SmileBASIC 4 (retirée depuis de l’eShop par Nintendo) combinée à une faille de normalisation des chemins du système de fichiers. Couplée au pont RPC de Kurumuz et à l’extracteur open source OunceCake de misshexa66, cette chaîne permet aux développeurs d’inspecter les répertoires déchiffrés RomFS et les binaires exécutables ExeFS (.NSO) de leurs propres jeux.
Pour autant, la scène technique rappelle que ces démonstrations restent à l’état de preuves de concept embryonnaires et strictement privées. Le noyau (kernel) de la console et ses clés cryptographiques maîtresses demeurant inviolés, il est impossible de décrypter une cartouche à la volée sans posséder soi-même une Nintendo Switch 2 sur le firmware 23.0.1. La plus grande prudence reste donc de mise face aux faux installateurs d’émulateurs Switch 2 qui circulent déjà en ligne et qui dissimulent systématiquement des logiciels malveillants.
Voir les disponibilités sur Amazon→
Mon regard
En analysant ces captures sous l’angle purement matériel, le passage du Mac au PC sous Windows 11 en moins de vingt-quatre heures constitue un tournant autrement plus significatif que la démonstration d’hier. Sur Apple Silicon, le processeur M-Series exécute nativement les instructions ARM64 de la Switch 2 sans traduction CPU. Mais voir une branche nx2 de l’émulateur Eden amorcer Splatoon Raiders à 109 FPS dans les menus sur une machine Windows x86-64 prouve que l’architecture logicielle d’Horizon OS sur Switch 2 conserve suffisamment de fondations communes avec la première génération pour accélérer le travail des développeurs.
Il ne faut évidemment pas confondre un démarrage expérimental constellé de triangles noirs dans Donkey Kong Bananza avec une émulation jouable au quotidien : documenter et traduire proprement l’intégralité du nouveau pipeline graphique NVN2 vers Vulkan demandera des mois, voire des années de rétro-ingénierie minutieuse. Mais la vitesse à laquelle les binaires extraits via OunceCake ont été chargés sur PC, Mac et jusque dans les 6,5 Go de mémoire vive d’un iPhone 18 Pro montre que le mur d’exclusivité matérielle de Nintendo subit déjà une pression technique sans précédent.
Retrouvez Pro-Gamer en priorité sur Google
Ajoutez pro-gamer.fr à vos sources préférées pour retrouver nos guides et actus directement dans votre flux Google Discover et vos résultats de recherche.















