Zéro borne PS5 à la Paris Games Week : pourquoi Hamaguchi a imposé la démo de FF7 Revelation sur Switch 2

Du 22 au 25 octobre 2026, les allées de Paris Expo Porte de Versailles n’ont pas désempli autour du stand Nintendo de la Paris Games Week. Alors qu’une heure d’attente était nécessaire pour approcher les huit bornes proposant quinze minutes d’essai sur Final Fantasy VII Revelation et que le réalisateur Naoki Hamaguchi assurait une démonstration de trente minutes sur la grande scène du constructeur, une question revenait sur toutes les lèvres : pourquoi était-il impossible de tester le jeu sur PlayStation 5 ? Invité dans le studio du créateur et streamer français mistermv (Xavier Dang) pour un grand entretien rétrospectif traduit par Grégoire Hellot, le chef d’orchestre de Square Enix a révélé que cette exclusivité accordée à la Nintendo Switch 2 sur le salon parisien relevait d’un plan mûrement réfléchi avant la sortie mondiale simultanée du 8 avril 2027.
Faire taire les doutes techniques manette en main sur Nintendo Switch 2
Contrairement aux deux premiers volets de la trilogie, lancés en exclusivité temporaire sur les consoles de Sony avant de rejoindre d’autres supports, Final Fantasy VII Revelation débarquera le même jour sur PlayStation 5, Xbox Series X/S, PC et Nintendo Switch 2. Sur place à la Paris Games Week, de nombreux visiteurs ont confié à Naoki Hamaguchi qu’ils auraient aimé pouvoir essayer la version PS5 afin de juger le rendu visuel au maximum de ses capacités.
Le réalisateur japonais assume pourtant d’avoir écarté toute autre machine à Paris. Face aux interrogations légitimes entourant la capacité d’une console hybride aux spécifications plus modestes que la PS5 ou le PC à encaisser l’ultime chapitre de la trilogie, Square Enix voulait que le public européen constate de ses propres yeux la fluidité du portage :
« Beaucoup de visiteurs à la Paris Games Week m’ont dit qu’ils voulaient aussi essayer la version PS5 de Final Fantasy VII Revelation, mais nous tenions absolument à montrer à quel point le jeu tourne bien sur Nintendo Switch 2. Notre objectif était de prouver que le titre fonctionne avec une grande fluidité sur la Switch 2 et sur des configurations matérielles aux spécifications plus modestes. » (Naoki Hamaguchi, réalisateur de Final Fantasy VII Revelation)
Proposée en mode téléviseur sur le stand Nintendo, cette version d’essai de quinze minutes mettait directement les joueurs aux commandes des deux nouvelles recrues jouables de l’escouade : Cid Highwind, véritable Chevalier Dragon capable d’enchaîner les sauts acrobatiques et les assauts à mi-distance avec sa lance, et Vincent Valentine, tireur d’élite au pistolet pouvant se métamorphoser en bête monstrueuse au corps-à-corps en sacrifiant une partie de ses statistiques défensives au profit d’une puissance brute redoutable.
Malgré la débauche d’effets pyrotechniques lors du combat de boss contre Jénova-MORT, de l’utilisation de la nouvelle matéria Partage (qui permet à toute l’équipe de lancer le sort associé, comme Soin ou Feu, sans multiplier les exemplaires équipés) ou des quatre rôles de classes du système FITS (Guerrier, Invocateur, Mage Noir et Combattant), la version Switch 2 a maintenu une cadence solide sans ralentissement notable. Pour parvenir à cet équilibre tout en préparant le retour des Invocations hors du simulateur VR de Chadley dans le monde ouvert de Final Fantasy VII Revelation, l’équipe principale développe le jeu sur la base des architectures PS5 et PC, tandis qu’une cellule d’optimisation dédiée ajuste spécifiquement les ressources graphiques sur la console de Nintendo sans jamais amputer le contenu ni la verticalité offerte par l’aéronef Hautvent dès la sixième heure de jeu.
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De 30 développeurs sur Remake à plus de 300 sur Revelation : le vrai défi de la décennie
Au fil de cet entretien fleuve accordé à mistermv, Naoki Hamaguchi est également revenu sur les dix années consacrées à cette relecture monumentale de l’œuvre de 1997. À la surprise générale, alors que ce troisième opus affiche l’échelle géographique la plus colossale de la saga, le réalisateur affirme sans hésiter que Final Fantasy VII Remake (2020), pourtant confiné aux secteurs urbains de Midgar, reste de loin l’épisode qui lui a donné le plus de fil à retordre.
La raison tient aux coulisses mêmes de sa genèse. Lorsque Square Enix a décidé de reprendre et de relancer le développement en interne, la cellule initiale ne comptait que 30 développeurs. Il a fallu simultanément recruter des centaines de talents, bâtir toute l’infrastructure de production à partir d’une feuille blanche, figer la direction artistique et concevoir de zéro le système de combat hybride mêlant action en temps réel et jauge ATB, tout en portant sur ses épaules les attentes vertigineuses des joueurs du monde entier.
À l’inverse, Final Fantasy VII Rebirth puis Final Fantasy VII Revelation ont pu capitaliser sur cet édifice technique et humain déjà rodé. Forte de plus de 300 personnes dont le noyau dur est resté uni d’un bout à l’autre de la trilogie, la division a pu anticiper chaque transition : le scénariste historique Kazushige Nojima avait ainsi bouclé la structure narrative de Revelation un an avant même la commercialisation de Rebirth, permettant aux équipes d’affiner immédiatement des mécaniques pointues comme le système de combat sur mesure de Zack Fair et l’équilibrage des synergies dans Final Fantasy VII Revelation sans temps mort entre les deux productions.
Après le 8 avril 2027, Naoki Hamaguchi veut tourner la page des remakes pour créer du neuf
Alors que la ligne d’arrivée du 8 avril 2027 approche, avec un dernier volet qui enrichira l’histoire intime de chaque compagnon à travers des mini-jeux dédiés (le piano pour Tifa, le Queen’s Blood pour Nanaki ou encore le snowboard pour Vincent Valentine, assortis d’une option de validation automatique pour les joueurs souhaitant uniquement profiter des scènes narratives), de nombreux fans s’interrogent déjà sur la suite de la carrière de Naoki Hamaguchi.
Interrogé par mistermv sur l’éventualité de rempiler sur la refonte d’un autre monument du catalogue Square Enix, le directeur du Creative Studio I a clairement affiché son désir d’émancipation. S’il estime qu’une autre équipe interne serait tout à fait légitime pour prendre le relais sur un prochain chantier de remake, lui-même souhaite désormais orienter ses développeurs vers un tout nouvel épisode de la franchise Final Fantasy ou vers une licence entièrement originale. Pour le créateur japonais, relever des défis inédits loin du cadre d’une œuvre préexistante est aujourd’hui indispensable pour stimuler l’inventivité de son studio et conquérir une nouvelle génération de joueurs.
Entretien vidéo complet de Naoki Hamaguchi chez mistermv

Mon regard : le culot de débrancher les PS5 pour mettre la Switch 2 à l’épreuve du réel
Dans une industrie où les éditeurs prennent souvent soin de dissimuler leurs portages hybrides jusqu’au jour du lancement derrière des bandes-annonces capturées sur des PC de compétition, la démarche de Naoki Hamaguchi à la Paris Games Week mérite d’être saluée. Délaisser volontairement le confort des bornes PS5 pour laisser le public français juger sur pièce une version Nintendo Switch 2 cinq mois avant sa sortie, c’est la plus belle preuve de confiance technique que Square Enix pouvait envoyer aux joueurs nomades.
Et entendre l’homme qui a fait passer cette équipe de 30 pionniers à une armée de 300 développeurs réclamer une feuille blanche après le 8 avril 2027 a quelque chose de profondément réjouissant : après dix ans à sublimer l’héritage de 1997, cette escouade mérite amplement de bâtir son propre mythe.
Final Fantasy 7 Revelation
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