Mario Kart World et Pokémon Pokopia forcés à tourner sur la première Nintendo Switch : de 2 FPS en portable à un monde ouvert amputé

Visuel officiel de Mario Kart World sur Nintendo Switch 2 illustrant le rétroportage expérimental sur la première Nintendo Switch

La scène homebrew vient de boucler la boucle la plus ironique de ce début de génération. Quelques heures seulement après la sortie publique des premiers émulateurs Nintendo Switch 2 Eden-NX2 et Eglantine sur PC, la moddeuse fuyuka (connue sous l’identifiant @touhoufagyuri) a publié deux démonstrations vidéo inattendues : les exclusivités Mario Kart World et Pokémon Pokopia exécutées directement sur une Nintendo Switch de première génération.

Mario Kart World sur Switch 1 : de 2 FPS en mode portable à un monde ouvert amputé

Pour amener le binaire de Mario Kart World à démarrer sur la puce Nvidia Tegra X1 de 2017 et ses 4 Go de mémoire vive LPDDR4 (contre 12 Go de LPDDR5X sur Nintendo Switch 2), la développeuse s’est appuyée sur les fichiers déchiffrés extraits grâce à la chaîne d’exploitation logicielle ns2jb (via la faille du titre SmileBASIC 4 et l’outil d’extraction de firmware de Kurumuz), ainsi que sur des scripts de rétroportage largement assistés par le modèle d’intelligence artificielle DeepSeek.

Lors des tout premiers essais sans retouche des ressources graphiques, le verdict matériel s’est avéré sans appel : le jeu plafonnait à environ 2 FPS en mode portable et 10 FPS en mode docké. Pour franchir ce mur technique sur une Switch originale overclockée et placée sur sa station d’accueil, fuyuka a dû procéder à des coupes radicales :

  • Amputation du mode Free Roam : une grande partie de la carte en monde ouvert interconnecté a dû être purement et simplement retirée du build pour éviter la saturation immédiate des 4 Go de RAM de la première Switch.
  • Shaders précompilés, LOD minimal et baisse de résolution : en précalculant les shaders (prebaked shaders), en forçant le niveau de détail géométrique le plus bas (forced low-quality LOD) et en abaissant drastiquement la résolution interne de rendu, le prototype parvient à afficher une cadence d’images plus régulière en ligne droite.
  • Physique aquatique et effets cassés : plusieurs mécaniques propres à la version Switch 2 restent hors service dans cet exécutable expérimental, avec notamment l’impossibilité de rouler normalement sur les surfaces d’eau et de nombreux éléments de décor absents.
Capture de Mario Kart World rétroporté sur une Nintendo Switch 1 originale avec shaders précompilés et niveau de détail LOD réduit
Capture issue de la démonstration de fuyuka montrant Mario Kart World sur Nintendo Switch 1 après précompilation des shaders, réduction de la résolution et abaissement forcé du niveau de détail (LOD).

Cette expérimentation fait directement écho aux confidences de Kosuke Yabuki et des équipes de Nintendo : le développement de Mario Kart World avait initialement débuté sur la première Switch dès 2017, avant que l’ambition d’un monde ouvert sans temps de chargement et de courses réunissant 24 pilotes à 60 FPS n’oblige le constructeur à transférer le projet sur Nintendo Switch 2. Pour profiter du jeu complet tel qu’il a été conçu par Kyoto, voici les meilleures offres vérifiées actuellement :

Trailer video

Pokémon Pokopia à 30 FPS en 720p sur Switch V1 overclockée et 45 FPS sur RTX 3060

En parallèle de la course automobile de Mario, la même moddeuse a appliqué sa méthode de rétroportage à une seconde exclusivité Nintendo Switch 2 : le jeu de simulation de vie Pokémon Pokopia. Testé sur une Nintendo Switch V1 avec un overclocking du processeur graphique (tout en conservant les fréquences mémoire d’origine), le titre affiche un comportement nettement plus encourageant grâce à sa structure plus modeste :

  • En 1080p avec overclocking GPU : la fréquence d’images oscille entre 10 et 15 FPS.
  • En 720p avec overclocking GPU : le jeu grimpe entre 32 et 35 FPS lorsque le framerate est débridé, au prix de fortes saccades. En activant un limiteur fixe à 30 FPS, la séquence filmée par fuyuka devient étonnamment fluide sur les premières minutes, bien que des bugs bloquants empêchent encore de parcourir l’aventure de bout en bout.

Après l’exécution native de Mario Kart World sur Mac Apple Silicon via nxnative, les progrès se poursuivent également du côté des ordinateurs Windows et Linux. Les derniers essais menés ce week-end sur une configuration PC de milieu de gamme équipée d’une carte graphique Nvidia GeForce RTX 3060 et d’un processeur AMD Ryzen 7 5700G permettent désormais de faire tourner Mario Kart World autour de 45 FPS sur les branches publiques d’émulation.

Du côté de la première Switch, fuyuka a toutefois précisé qu’elle ne prévoyait aucune diffusion publique de ses backports ni de son code source en l’état. Les vidéos ayant été enregistrées par acquisition directe (direct capture) sans montrer la console physique à l’écran, cette démonstration demeure avant tout une preuve de concept isolée réservée aux curieux de rétro-ingénierie.

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Mon regard

Il y a une vraie saveur ironique à observer la scène modding tenter de faire rentrer au chausse-pied Mario Kart World dans les 4 Go de mémoire vive d’une Switch de 2017. Pendant des mois, une partie des joueurs s’est demandé si Nintendo n’aurait pas pu sortir son nouvel épisode directement sur la première console hybride. La réponse technique livrée par le prototype de fuyuka est implacable : sans trancher dans le vif du monde ouvert Free Roam, sans écraser la géométrie des circuits et sans pousser le vieux Tegra X1 au-delà de ses fréquences d’usine, le jeu s’effondre littéralement à 2 images par seconde en mode portable.

Le cas de Pokémon Pokopia à 30 FPS en 720p prouve certes que des productions moins gourmandes peuvent survivre à un tel rétroportage avec l’aide d’outils de traduction assistés par DeepSeek. Mais entre les bugs de collision sur l’eau, l’absence de publication du code et la nécessité d’amputer le cœur même de l’expérience, ce laboratoire sauvage démontre surtout pourquoi le passage aux 12 Go de RAM et à l’architecture Ampere de la Nintendo Switch 2 n’avait rien d’un caprice marketing.

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Chaya "Chayane"
Rédigé par Chaya "Chayane"
🧠 Rédactrice Tech & IA 🗽 New York & Montréal

Américaine installée dans la périphérie de New York, Chaya « Chayane » a passé 5 ans à Montréal pour ses études d'ingénierie logicielle avant de revenir dans sa région natale. Développeuse Full-Stack et chercheuse en architectures de Deep Learning et d'IA, elle explore les réseaux neuronaux et l'optimisation algorithmique tout en concevant les outils de Retrocharting et Gamescharting aux côtés de Grimtag. Gamer depuis plus de 20 ans, collectionneuse passionnée de l'univers Nintendo et de la saga The Legend of Zelda, elle a arpenté Azeroth sur World of Warcraft avant de mettre son expertise technique au service de l'analyse vidéoludique.

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