12 à 14 heures par jour balayées en 54 minutes : le constat amer de Perkz après l’élimination de G2 aux Worlds 2026

L’aventure internationale des Samouraïs s’est arrêtée net au quatrième tour du Swiss Stage des Worlds 2026 de League of Legends. Dos au mur dans un match éliminatoire en deux manches gagnantes (Bo3), G2 Esports a cédé sèchement sur le score de 0 à 2 face à l’armada sud-coréenne de Hanwha Life Esports (HLE). Quelques minutes après avoir vu ses joueurs quitter la scène à la 12e-14e place du tournoi mondial, l’entraîneur en chef Luka « Perkz » Perković a livré un témoignage à cœur ouvert au micro de Cloud Sidky sur la violence émotionnelle de cette élimination.
Deux manches expédiées en 54 minutes et le regret majeur autour de Syndra
Sur le papier, le tirage au sort de ce quatrième tour avait tout d’un piège mortel pour le champion d’Europe en titre. Aligné face au cinq majeur de Hanwha Life Esports composé de Zeus, Kanavi, Zeka, Gumayusi et Delight, le collectif européen emmené par BrokenBlade, SkewMond, Caps, Hans Sama et Labrov avait pourtant préparé un plan d’attaque précis pour bousculer la LCK dès les premières minutes.
Dans la première manche, G2 Esports a tenté d’imposer son tempo par le bas de la carte avec un duo Jhin et Nautilus épaulé par le Pantheon de SkewMond et l’Olaf de BrokenBlade. Mais après avoir absorbé la pression initiale, Hanwha Life Esports a puni chaque décalage approximatif grâce à la Syndra de Zeka et au Lee Sin de Kanavi, pliant la carte en 28 minutes et 5 secondes (22 éliminations à 11). Sous la contrainte du Fearless Draft, la seconde manche a tourné encore plus court : malgré une composition d’engagement articulée autour de Camille, Qiyana, Galio, Xayah et Rakan, G2 s’est heurté au mur formé par l’Ambessa de Zeus et le Swain de Zeka, s’inclinant en 26 minutes et 12 secondes (19 à 7).

Lucide sur la supériorité mécanique et macroscopique de l’adversaire du jour, Luka Perković pointe néanmoins une erreur stratégique précise commise par son staff lors de la phase de sélection des champions de la première manche, doublée d’un blocage mental hérité du printemps dernier :
« Notre préparation pourrait toujours être meilleure. Je pense que nous aurions dû verrouiller Syndra dès le premier ou le deuxième choix, nous avons été trop gourmands en voulant la garder pour la troisième rotation. En matière de style de jeu, Hanwha Life Esports représentait le pire adversaire possible pour nous à cause de notre duel précédent. Ce 0-3 encaissé au MSI 2026 a clairement laissé quelques séquelles psychologiques. »
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« Je n’avais pas ressenti cela depuis cinq ans » : l’épuisement après des journées de 14 heures
Au-delà des rotations sur la Faille de l’Invocateur, c’est surtout le contraste entre l’investissement fourni en coulisses et la brutalité de l’arrêt qui frappe le technicien croate. Pour tenter de renverser les cadors asiatiques avec un statut d’outsider assumé, l’effectif de G2 Esports s’est imposé un rythme d’entraînement stakhanoviste de 12 à 14 heures par jour tout au long des dernières semaines.
Voir des mois d’analyse vidéo, de scrims intensifs et de réglages tactiques s’évaporer en moins d’une heure de jeu effectif a ravivé chez l’octuple champion d’Europe un sentiment qu’il n’avait plus éprouvé depuis ses dernières grandes campagnes internationales lorsqu’il évoluait lui-même sur scène :
« Je compatis avec les joueurs. C’est brutal de prendre conscience, après tout le travail fourni et l’énergie investie, que c’est tout simplement terminé. Je n’avais pas ressenti cela depuis cinq ans, c’est donc forcément très fort sur le plan émotionnel. J’aurais voulu qu’ils soient fiers de leur parcours, mais malheureusement, je ne pense pas que ce sera le cas. »
Vous pouvez revoir l’intégralité de cette confrontation éliminatoire entre G2 Esports et Hanwha Life Esports diffusée sur la chaîne officielle de LoL Esports ci-dessous :
Un retour dicté par la transmission plutôt que par l’ego
Après avoir raccroché le clavier et la souris en compétition officielle pour passer de l’autre côté du carnet de notes en 2026, un virage majeur que nous décryptions dans notre dossier consacré à l’arrivée de Perkz à la tête du staff de G2 Esports et la professionnalisation du métier de coach, l’ancien midlaner et botlaner vedette mesure aujourd’hui toute l’ingratitude du poste d’entraîneur principal.
Face aux critiques qui accompagnent inévitablement chaque sortie de route prématurée d’un club européen aux Worlds, le Croate rappelle les raisons profondes qui l’ont poussé à reprendre du service dans l’ombre de ses joueurs :
« Je suis revenu parce que je voulais utiliser mon expérience et mes connaissances pour les transmettre aux nouveaux joueurs. Je ne fais pas cela pour l’argent ni pour la célébrité. C’est gratifiant pour moi de contribuer à la progression des autres et de faire en sorte qu’ils puissent être fiers de leurs efforts. C’est avant tout un projet de passion. »
Reste désormais à savoir comment la direction de G2 Esports et son entraîneur digéreront cet échec automnal pour aborder la saison 2027, alors que l’écart en Bo3 sous le format Fearless Draft face aux écuries de LCK et de LPL demeure le plafond de verre du vieux continent.
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Mon avis
Quiconque a vibré devant l’épopée de G2 Esports en 2019 sait à quel point Luka Perković déteste perdre. À l’époque, il avait eu l’intelligence et l’humilité de laisser sa midlane à Caps pour réinventer le rôle de tireur sur Xayah et Kai’Sa, offrant à l’Europe un titre au MSI et une finale mondiale à Paris. L’entendre avouer aujourd’hui qu’il n’avait plus ressenti une telle claque émotionnelle depuis cinq ans en dit long sur son degré d’investissement dans ce costume de Head Coach.
C’est d’ailleurs toute la cruauté du coaching de haut niveau sur League of Legends : quand tu es joueur sur scène, tu peux toujours tenter un play mécanique désespéré sur LeBlanc ou Yasuo pour forcer le destin. Quand tu es coach, une fois la poignée de main échangée à la fin de la draft et la Syndra laissée entre les mains de Zeka, tu es condamné à regarder tes joueurs subir la loi implacable de Zeus et Kanavi depuis les coulisses. Ce baptême du feu mondial est rude pour la première année de Perkz sur le banc, mais s’il y a bien un compétiteur en Europe capable de transformer une telle cicatrice en carburant pour 2027, c’est lui.
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